Artiste Chercheur Indépendant

2024-11-11

"Démocratie et totalitarisme" : un cours de Raymond Aron

  


"Démocratie et totalitarisme" : un cours de Raymond Aron 3/19 : "Il n'y a jamais de gouvernement par le peuple, il y a éventuellement des gouvernements pour le peuple".

  
(lère diffusion : 06/01/1958 Radio Sorbonne)

Pour ce troisième cours donné au tout début
de l'année 1958, Raymond Aron expose en
quoi consiste la compréhension des institutions
politiques.

 Revenant sur le cours précédent, Raymond Aron insiste sur le caractère illusoire du régime le meilleur : "La question du régime le meilleur ne peut se poser qu'à un niveau relativement élevé d'abstraction, dans chaque société les particularités des institutions doivent être adaptées aux spécificités d'une évolution historique singulière."
Raymond Aron propose alors de chercher les fonctions essentielles de tout ordre politique puis de définir les caractéristiques majeures de la fonction administrative et de la fonction politique dans nos sociétés modernes.

Extrait

 Il en arrive à distinguer le fonctionnaire du politique : " 

Le fonctionnaire est un professionnel, l'homme politique un amateur. Le fonctionnaire est choisi selon des règles précises, l'homme politique élu. Les régimes démocratiques occidentaux sont des régimes d'experts sous la direction d'amateurs." 

"Les détenteurs de l'autorité politique sont dans nos sociétés, une élite particulière séparée des autres élites sociales et recrutée selon des procédés tels, que des petits hommes, petits au point de vue fortune et au point de vue social, peuvent exercer de grandes fonctions."

• Par Raymond Aron

• Radio Sorbonne \- Théories sociologiques des démocraties, aspect politique des sociétés modernes par Raymond Aron 3/19

(lère diffusion : 06/01/1958 Radio Sorbonne)

• Archive Ina\-Radio France

Lien livre 

Walter Lippmann par Bruno Latour

 


Le Public fantôme", de Walter Lippmann : la déroute des citoyens

Le citoyen d'aujourd'hui se sent comme un spectateur sourd assis au dernier rang : il a beau être conscient qu'il devrait prêter attention aux mystères qui se déroulent là-bas sur la scène, il n'arrive pas à rester éveillé." Ce "spectateur sourd", écrit le grand commentateur politique américain Walter Lippmann, c'est le citoyen déboussolé de la "grande société" qui succéda, au tournant du XXe siècle, aux anciennes communautés locales. C'est le paysan du Midwest découvrant dans la presse que l'assassinat d'un archiduc à Sarajevo le conduit dans les tranchées d'Europe. C'est peut-être encore l'homme du XXIe siècle, sommé de prendre position sur la crise financière ou la guerre en Afghanistan tout en sachant intimement qu'il n'en a pas les moyens.

Telle est en effet la thèse centrale de ce texte fameux, publié une première fois aux Etats-Unis en 1925 : le monde est devenu trop complexe pour que le "public" puisse s'en emparer, le discuter, se faire une opinion à son propos. Pour que naisse, en somme, le citoyen éclairé imaginé par la démocratie libérale progressiste à laquelle Lippmann lui-même adhéra dans sa jeunesse. Sous l'effet de la mondialisation des échanges économiques et de la complexification des interdépendances politiques, le nombre des "problèmes" qui se posent au public augmente, nous dit Lippmann. Pire : la capacité du public à les résoudre diminue.

https://www.lemonde.fr/livres/article/2008/10/09/le-public-fantome-de-walter-lippmann_1104809_3260.html

2024-10-06

La responsabilité intellectuelle Julien Benda

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Julien Benda dénonça dès 1927, dans son ouvrage le plus célèbre, « La Trahison des clercs », la capitulation des intellectuels français, traîtres à leur mission de défenseurs du rationalisme démocratique.

emission France Culture


Julien Benda, dans La Trahison des clercs, en appelle à la responsabilité de l’intellectuel. Il défend une autonomie des valeurs absolues comme le vrai, le beau et le bien, indépendantes des variations historiques. Pour cela, il réfléchit à la différenciation entre les différents types de valeurs : valeurs esthétiques, valeurs morales, valeurs politiques et se positionne contre la philosophie de son temps et en particulier contre le vitalisme de Bergson.

Son ouvrage est incompris et vivement critiqué par les intellectuels à sa publication. Il apparaît, de façon caricaturale, comme un auteur qui s’oppose à l’engagement en demandant aux intellectuels de s’abstraire du monde, explique Pascal Engel. Pourtant, sa thèse est plus subtile. Il s’oppose à l’engagement tel que théorisé par Sartre qui prône un engagement pour l’engagement. Benda ne veut pas que les intellectuels se désengagent mais qu’ils ne perdent pas de vue que leur engagement doit être guidé par la boussole de la raison dont les points cardinaux sont les valeurs intangibles.

Julien Benda a une « passion de la raison » selon la formule de Pascal Engel c’est-à-dire qu’il n’y a pas de contradiction pour lui entre la raison et les émotions.

Peut-on être un clerc, un intellectuel tout en étant d’un parti ? Comment ne pas renoncer à la vérité dans l’engagement ? Benda va poser les termes d’un débat qui agite encore tout ceux qui font profession de penser et qui ne veulent pas dans le même temps renoncer à l’engagement.

Avec
  • Pascal Engel Philosophe, directeur d'études à l'EHESS
  • Pascal Ory Historien, Académicien, spécialiste d’histoire culturelle sous l'Occupation

La trahison des clercs n’est pas une sociologie de l’intellectuel mais une analyse des valeurs intellectuelles. L’origine de l’intellectuel naît pendant l’affaire Dreyfus où savants, artistes et philosophes interviennent dans la vie politique, se positionnent, s’engagent. L’intellectuel est aussi bien celui des humanités que celui des sciences pour Benda.

Qu’est-ce qu’un clerc ?

Julien Benda dénonce le paysage intellectuel de son époque. Notamment ceux qui prétendent défendre des valeurs qu’ils confondent avec une idéologique qui plus est, subordonnée au politique. Il attaque du même front les nationalistes et les communistes qui ont trahit leur fonction « au profit d’intérêts pratiques ». Régis Debray précise que la position de l’auteur est celle d’une critique de « la paresse intellectuelle des intellectualistes et l’immoralité des moralistes ».

Le clerc est défini comme un être statique, désintéressé et rationnel. Il s’oppose à l’intellectuel de son temps. La figure du clerc ne tient pas du sacré, elle est parfaitement laïque, mais est au service de la raison.


Bibliographie indicative :
Pascal Engel, Les Loi de l’esprit. Julien Benda ou la raison, Ithaque, 2012
Pascal Ory, Les intellectuels en France, Tempus Perrin, 2004

Pascal Engel "Les lois de l’esprit"

Pascal Engel

Les lois de l’espritJulien Benda ou la raison

Paru en avril 2023

Eliott éditions

La voix de Julien Benda (1867-1956) nous est devenue inaudible. Quand l’auteur de La Trahison des clercs accuse ses pairs de se détourner des valeurs éternelles, nous n’entendons qu’un appel à revenir à la tour d’ivoire. Quand l’une des gloires de la NRF, contemporain de Gide et de Valéry, voue ceux-ci aux gémonies et accuse toute la littérature de son époque de bysantinisme, nous avons du mal à le prendre au sérieux. Dans son culte de la vérité en politique nous ne voyons plus que des vieilles lunes dreyfusardes. Nous pouvons trouver Éleuthère délicieusement réactionnaire, mais nous ne parvenons pas à le suivre.
Ce livre voudrait montrer au contraire que Benda est un penseur français de première grandeur. Sa défense du rationalisme, sa conception des valeurs intellectuelles et sa théorie de la connaissance littéraire méritent encore toute notre attention. On aura compris aussi qu’il n’est pas seulement question de Benda dans ce livre, mais de la nature de la raison et de ses normes. Et de l’incongruité absolue de quelqu’un qui prétendit vivre uniquement pour les valeurs de l’esprit.

[Présentation de l’Éditeur]

Pascal Engel, un philosophe français connu pour son travail dans la philosophie de l'esprit, l'épistémologie et la métaphysique. Son livre "Les lois de l'esprit" est une contribution significative dans le domaine de la philosophie.

Dans "Les lois de l'esprit", Engel explore la nature des états mentaux, tels que les croyances, les désirs et les intentions, et comment ils se rapportent les uns aux autres et au monde extérieur. Il argue que les états mentaux sont gouvernés par des lois, qui ne sont pas des lois physiques, mais plutôt des lois normatives qui guident notre pensée et notre comportement.

La thèse principale d'Engel est que l'esprit n'est pas un récepteur passif d'informations sensorielles, mais plutôt un constructeur actif de la réalité. Il affirme que nos états mentaux sont façonnés par nos facultés cognitives, telles que la perception, l'attention et la mémoire, qui sont gouvernées par des lois qui sont à la fois descriptives et prescriptives.

Certains des idées clés dans "Les lois de l'esprit" incluent :

  • La normativité des états mentaux : Engel argue que les états mentaux ne sont pas juste des faits bruts, mais sont soumis à des normes et des règles qui guident notre pensée et notre comportement.
  • La nature constructive de l'esprit : Engel affirme que l'esprit n'est pas un récepteur passif d'informations sensorielles, mais plutôt un constructeur actif de la réalité.
  • Les lois de l'esprit : Engel propose que les états mentaux sont gouvernés par des lois qui sont à la fois descriptives et prescriptives, guidant notre pensée et notre comportement.

Le travail d'Engel dans "Les lois de l'esprit" a eu un impact significatif sur la philosophie de l'esprit, l'épistémologie et la science cognitive. Ses idées ont influencé de nombreux philosophes et scientifiques cognitifs, et continuent d'être une contribution importante à notre compréhension de la nature de l'esprit.

faut-il savoir pour décider ?

  
      


Conférence sur le thème de faut-il savoir pour décider ? déc. 2023

Avec Etienne KLEIN, Physicien et Philosophe des sciences, Directeur de recherches au CEA , Producteur de l'émission "La conversation scientifique" sur France Culture Échange par Olivier Fronty

"entre la militance et la compétence autrement dit les gens qui sont les plus militants pour ceci ou pour cela et quand je dis militant c'est pour ou contre et bien en général ils sont pas les plus compétents et les gens les plus compétents en général sont modérés et étant modéré s'engage modérément" E.KLEIN


Notre capacité à faire face aux risques et à décider dans un monde de plus en plus complexe est l’une des clés de la réflexion stratégique et de l'action opérationnelle. Mais comment faire pour orienter notre action lorsque la connaissance nous manque ? Comme nous l'indique cette phrase apocryphe de Kant :

«L’intelligence d’un individu se mesure à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter »,cela nous amène assez naturellement à mesurer le degré de connaissance nécessaire pour décider.

Une question se pose alors à nous : faut-il savoir pour décider ?


Pascal ou le scénario de la condition humaine


Laurence Devillairs Paru en octobre 2022 Presses Universitaires de France 256 pages - 15 × 21,3 cm


presentation du livre 

Réduire les Pensées à la seule défense de la religion chrétienne contribue à manquer leur originalité conceptuelle. Or il y a bien une philosophie de Pascal, où l’inquiétude joue un rôle cardinal. Elle dévoile ce que le divertissement escamote: le malheur de notre condition, l’effroyable du réel et l’éphémère de toute consolation.

Contrairement au moi diverti, le sujet inquiet réfléchit sur son « état véritable », recherche vérité et bonheur. L’inquiétude résulte de ce désir du vrai et du bien, et de l’impuissance à le satisfaire. Elle consiste à être privé de ce dont on est capable.

Les Pensées décrivent ainsi l’homme dans le vide de ses capacités comme dans ce qui l’élève, dans l’inconsolabilité de son existence comme dans sa disposition à « travailler pour demain et pour l’incertain ». Si l’inquiétude ne conduit à aucune évidence, au moins sert-elle à « régler sa vie. Et il n’y a rien de plus juste ».

[Présentation de l’Éditeur] https://www.vrin.fr/livre/9782130841883/philosophie-de-pasca

 

Que reste-t-il encore de Pascal ? Les Pensées font partie de ces ouvrages fondateurs qui ont suscité de multiples lectures et commentaires. Laurence Devillairs, agrégée de philosophie, s’est intéressée au concept d’inquiétude, central dans l'œuvre de Pascal. En philosophie, l’inquiétude décrit un état d’incomplétude, d’insatisfaction, de désir impossible de vérité et de bonheur. L'inquiétude est le propre de l'homme, et c'est le principe à partir duquel Pascal a construit sa philosophie.

Les podcasts de l’Institut de France Écouter (49 min.)

https://www.canalacademies.com/emissions/


l

LA PLUS GRANDE INDUSTRIE MONDIALE


source https://www.eyrolles.com

Les données témoignant de la taille géante de Wal-Mart ne manquent pas : Wal-Mart est la plus grande entreprise mondiale, le plus grand employeur privé du monde, le huitième acheteur de produits chinois (devant la Russie et le Royaume-Uni); son chiffre d'affaires est supérieur au PIB de la Suisse; son budget informatique supérieur à celui de la NASA; le patrimoine financier des héritiers de Sam Walton (son fondateur) est deux fois plus élevé que celui de Bill Gates... Mais derrière ces superlatifs se cache l'histoire très singulière d'une société de l'Arkansas qui, en l'espace de 40 ans, a révolutionné les vieux modèles fordistes d'organisation du travail et largement reconfiguré les rapports producteurs/détaillants et toute l'économie américaine.



Le succès et l'influence politique de cette entreprise géante lui permettent de redessiner les plans des villes, de déterminer le salaire minimum réel, de casser les syndicats, de définir les contours de la culture populaire, de peser sur les flux de capitaux dans le monde entier, et d'entretenir ce qui s'apparente à des relations diplomatiques avec des dizaines de pays. Alors que la marge de manœuvre des gouvernements demeure restreinte, Wal-Mart semble avoir aujourd'hui plus d'influence que n'importe quelle institution, non seulement sur des pans entiers de la politique sociale et industrielle américaine, mais aussi sur le modèle de vie et de consommation mondialisé, bigot et entièrement familiariste.


Sommaire

- Wal-Mart et les tombées de camion

- Wal-Mart : un modèle pour le capitalisme du XXIe siècle

- De Woolworth à Wal-Mart : la marchandisation de masse et l'aventure de la culture consumériste

2024-08-29

CoursLe Gouvernement de soi et des autres : le courage de la vérité Michel Foucault 1984

Le cours intitulé « Le courage de la vérité » est le dernier que Michel Foucault aura prononcé au Collège de France, de février à mars 1984. Il meurt quelques mois plus tard, le 25 juin. 

Cours 1

Ce contexte invite à entendre dans ces leçons un testament philosophique, d’autant plus que le thème de la mort est très présent, notamment à travers une relecture des dernières paroles de Socrate (« Criton, nous devons un coq à Esculape ! »), que Foucault, avec G. Dumézil, comprend comme l’expression d’une profonde gratitude envers la philosophie, qui guérit de la seule maladie grave : celle des opinions fausses et des préjugés. 

Ce cours poursuit et radicalise des analyses menées l’année précédente. Il s’agissait alors d’interroger la fonction du « dire-vrai » en politique, afin d’établir, pour la démocratie, un certain nombre de conditions éthiques irréductibles aux règles formelles du consensus : courage et conviction. Avec les cyniques, cette manifestation du vrai ne s’inscrit plus simplement à travers une prise de parole risquée, mais dans l’épaisseur même de l’existence. Foucault propose en effet une étude décapante du cynisme ancien comme philosophie pratique, athlétisme de la vérité, provocation publique, souveraineté ascétique. Le scandale de la vraie vie est alors construit comme s’opposant au platonisme et à son monde transcendant de Formes intelligibles.

« Il n’y a pas d’instauration de la vérité sans une position essentielle de l’altérité. La vérité, ce n’est jamais le même. Il ne peut y avoir de vérité que dans la forme de l’autre monde et de la vie autre. »

Ce résumé est publié avec l'aimable autorisation des éditions du Seuil. Il est tiré de la quatrième de couverture de l'ouvrage Le Courage de la vérité. Le gouvernement de soi et des autres II. Cours au Collège de France (1983-1984) de Michel Foucault, paru le 22 janvier 2009.

Source 

https://www.college-de-france.fr/


2024-07-25

libéralisme économique ?


Le libéralisme économique est un ensemble de doctrines politiques et économiques, issu des Lumières, qui prône la liberté individuelle dans la sphère économique. Il soutient que l'économie de marché, fondée sur la propriété privée et la liberté d'entreprendre, est essentielle au bon fonctionnement économique, tout en limitant l'intervention de l'État

Ce courant a évolué, englobant des perspectives classiques, comme celles d'Adam Smith, et des approches néoclassiques qui reconnaissent certaines défaillances du marché tout en défendant le libre-échange[1][2][4].

Citations :
[1] Libéralisme économique - Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme_%C3%A9conomique
[3] libéralisme | Définition - Perspective Monde https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1507
[4] Le libéralisme économique : atouts et limites | Cairn.info https://www.cairn.info/revue-l-europe-en-formation-2016-3-page-33.htm
[5] Histoire du libéralisme économique classique - Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_lib%C3%A9ralisme_%C3%A9conomique_classique


Comment le libéralisme économique influence-t-il les politiques économiques actuelles

Le libéralisme économique influence les politiques économiques actuelles en prônant la liberté de marché et la minimisation de l'intervention étatique. Les libéraux classiques, comme Adam Smith, soutiennent que l'économie fonctionne mieux sans régulation excessive, tandis que les néolibéraux reconnaissent certaines défaillances du marché, justifiant une intervention limitée de l'État pour protéger la concurrence et les droits de propriété[1][2]. Cependant, cette approche soulève des préoccupations concernant les inégalités croissantes, car le marché seul ne corrige pas ces disparités[1][4]. Les politiques économiques contemporaines cherchent donc un équilibre entre intervention et liberté de marché.

Citations :
[1] Le libéralisme économique : atouts et limites | Cairn.info https://www.cairn.info/revue-l-europe-en-formation-2016-3-page-33.htm
[2] Libéralisme économique - Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme_%C3%A9conomique
[3] Politique économique et croissance - Persée https://www.persee.fr/doc/ecoap_0013-0494_1961_num_14_4_2650
[5] [PDF] le nationalisme économique dans l'œillère libérale https://ieim.uqam.ca/IMG/pdf/Cahier_Boulanger-0401.pdf


Quels sont les impacts du libéralisme économique sur les inégalités sociales.

Le libéralisme économique influence les inégalités sociales en favorisant une concentration des richesses et en limitant l'intervention de l'État pour corriger ces déséquilibres. Bien qu'il puisse stimuler la création de richesses, il tend à creuser les écarts entre les plus riches et les plus pauvres, entraînant un cercle vicieux d'inégalités cumulatives. Les inégalités économiques exacerbent les inégalités d'accès à l'éducation, à la santé et à l'emploi, rendant difficile l'ascension sociale pour les classes défavorisées[1][3][5]. Cette dynamique peut également générer des tensions sociales et menacer la stabilité politique[3].

Citations :
[1] Le libéralisme économique : atouts et limites | Cairn.info https://www.cairn.info/revue-l-europe-en-formation-2016-3-page-33.htm
[2] Libéralisme économique - Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme_%C3%A9conomique
[4] Néo-libéralisme, inégalités et minorité : le poin… – Reflets - Érudit https://www.erudit.org/fr/revues/ref/2018-v24-n1-ref03982/1051519ar/
[5] Question 1. Les inégalités économiques et sociales et leur ... https://www.melchior.fr/cours/complet/question-1-les-inegalites-economiques-et-sociales-et-leur-evolution

2024-07-06

Techno politique Asma Mahla

Accès vidéo 

  La Grande Librairie février 2024

"Intelligence artificielle, réseaux sociaux, implants cérébraux, satellites, métavers... Le choc technologique sera l'un des enjeux clés du xxie siècle et les géants américains, les « BigTech », sont à l'avant-garde. Entités hybrides, ils remodèlent la morphologie des États, redéfinissent les jeux de pouvoir et de puissance entre nations, interviennent dans la guerre, tracent les nouvelles frontières de la souveraineté. S'ils sont au coeur de la fabrique de la puissance étatsunienne face à la Chine, ils sont également des agents perturbateurs de la démocratie. De ces liens ambivalents entre BigTech et « BigState » est né un nouveau Léviathan à deux têtes, animé par un désir de puissance hors limites. Mais qui gouverne ces nouveaux acteurs privés de la prolifération technologique ? A cette vertigineuse question, nous n'avons d'autre choix que d'opposer l'innovation politique !"

Asma Mhalla, docteure en études politiques et chercheure au LAP (Laboratoire d'Anthropologie Politique) de l'EHESS/CNRS, lance un cri d'alerte dans son dernier ouvrage. Dans une thèse audacieuse, elle affirme que les technologies de l'hypervitesse, qu'elles soient civiles ou militaires, transforment chaque individu en soldat, que nous le voulions ou non. Selon elle, nos cerveaux sont devenus le champ de bataille ultime de cette ère technologique. Cette réflexion interpelle sur l'avenir de la démocratie et du nouvel ordre mondial.

Enseignante à Sciences Po et Polytechnique, Asma Mhalla conseille également les institutions dans leur politique publique technologique. 
Face à la montée en puissance des technologies dites de l'hypervitesse, Asma Mhalla appelle à une prise de conscience urgente et offre ainsi une contribution majeure à la réflexion contemporaine sur les relations entre technologie, pouvoir et démocratie.

  Source texte 

 Éditeur Seuil

19.90 € TTC. / 288 pages

    

2024-05-23

Les grands courants actuels du judaïsme religieux et laïc en Occident

 


extrait 

Juifs de Catalogne

Et autres contributions à l’étude des judaïsmes contemporains / I altres contribucions a l’estudi dels judaismes contemporanis

Jueus de Catalunya

Français

L'ouvrage présente dix-neuf articles sur les communautés juives actuelles des Pays Catalans (retour et re-création des communautés, question linguistique, patrimoine…) ; sur des problématiques du judaïsme contemporain (diversité des courants religieux, des identités, préoccupation démographique, etc.) ; et sur des aspects méthodologiques propres aux études juives, notamment dans l'aire catalane et hispanique.


Éditeur : Presses universitaires de Perpignan

Lieu d’édition : Perpignan

Publication sur OpenEdition Books : 25 mars 2014

ISBN numérique : 978-2-35412-223-2

DOI : 10.4000/books.pupvd.1372 Collection : Études

Année d’édition : 2011

ISBN (Édition imprimée) : 978-2-35412-048-1

Nombre de pages : 367

2024-03-22

diagnostic précis de l’État social Alain Supiot

 Leçon inaugurale de Alain Supiot prononcée le 29 novembre 2012.


Alain Supiot est professeur du Collège de France et titulaire de la chaire État social et mondialisation : analyse juridique des solidarités.

L’histoire juridique de l’édification de l’État social donne une idée de sa grandeur. Mais ce souverain débonnaire, tolérant la contestation et répondant du bien-être de ses sujets, semble aujourd’hui frappé de misère. Exposé par l’ouverture de ses frontières commerciales à des risques financiers systémiques, il voit ses ressources s’effriter et ses charges augmenter. D’inquiétants docteurs se pressent à son chevet. Certains lui prescrivent saignée sur saignée, tandis que d’autres dressent déjà son acte de décès. Plutôt que de cette médecine létale, c’est d’un diagnostic précis de l’État social dont nous avons besoin.

Texte intégral de la leçon inaugurale et traduction en coréen, anglais, espagnol, grec :

Retrouvez tous ses enseignements :

Le Collège de France est une institution de recherche fondamentale dans tous les domaines de la connaissance et un lieu de diffusion du « savoir en train de se faire » ouvert à tous. Les cours, séminaires, colloques sont enregistrés puis mis à disposition du public sur le site internet du Collège de France. Découvrez toutes les ressources du Collège de France :

2024-02-25

qu'est ce qu'un peuple ?


Conférence de Francine Demichel, Professeure émérite de droit public, réalisée le mercredi 23 novembre 2016 dans le cadre de la programmation du Centre Culturel de l'Université de Corse.

elle fut présidente de l'université Paris 8, et directrice de l'enseignement supérieur au ministère de l’éducation nationale entre 1998 et 2002. 


Dictionnaire de l’Académie française

https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9P1867

I. PEUPLE

 nom masculin

Étymologie :ixe siècle, poblo ; xe siècle, pople ; xiie siècle, pueple ; xiiie siècle, peuple. Issu du latin populus, « peuple, ensemble des citoyens ».
I. Vaste ensemble humain considéré en fonction de réalités géographiques et historiques ou des liens divers qui peuvent unir ses membres.

1.  Société d’individus vivant sur un même territoire et partageant une histoire, des coutumes, une culture communes. Les croyances, les mythes, les mœurs d’un peuple.

         2.  Ensemble de personnes qui se sentent unies tantôt par l’histoire, tantôt par une culture, une langue ou une religion. 

II. Le corps de la nation.

1.  L’ensemble de la population d’un État. 
2.  Ensemble de ceux qui, dans un État, jouissent des droits civils et politiques.

 III. Ensemble de ceux qui, dans la société, n’appartiennent pas aux classes culturellement ou économiquement avantagées.

Les tribuns du peuple ou de la plèbe. La misère, les aspirations du peuple. L’Ami du peuple, surnom de Marat et titre de son journal. Loc. Un homme, une femme, un enfant du peuple. Le bon peuple, les gens simples. Le petit peuple, le menu peuple, les gens de la condition la plus modeste. Péj. Le bas peuple, la partie la plus déshéritée de la société.

▪  Adjectivement (invariable dans cet emploi). Propre aux gens du peuple et, péj., commun, vulgaire, sans distinction. Une allure, des manières peuple. Être peuple. Il a adopté cette façon de parler pour faire peuple.

ARTICLE 3.

La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. ..Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice.


Le peuple semble échapper à la possibilité d’une définition. Se confondant pour certains avec la nation, pour d’autres à une classe sociale, ou encore à un combat contre l’État, il faut peut-être, à défaut de le définir, étudier ce passage par lequel la multitude devient peuple.

radiofrance/podcasts/serie-la-notion-de-peuple

Dans ce premier épisode, Géraldine Muhlmann, avec Gérard Bras et Yohan Dubigeon, se demandent comment agit un peuple. On part de cette observation : est souvent bien toléré, même estimé, le peuple électeur, celui juste deviné derrière les institutions qui le représentent, le "peuple-fiction" comme dirons les plus caustiques. En revanche, le peuple agissant, qui se montre de manière certes partielle, mais tangible, est beaucoup moins apprécié dans l'histoire de la pensée politique et de la philosophie. Populas, foule, multitude vulgaire et informe, les mots ne manquent pas pour en parler d'une manière péjorative. Faut-il croire que beaucoup est accordé au peuple, mais pas d'agir ? Ou faut-il croire que dans l'action, le peuple n'est pas toujours au meilleur de lui-même ?

Le ou les peuple(s)

 Mais qu'est-ce que le peuple exactement ? Constitue-t-il une entité unifiée par-delà la pluralité des individus ? Peut-il apparaître "en personne" pour parler comme le philosophe anglais du XVIIe siècle Thomas Hobbes, ou bien n'existe-t-il politiquement qu'à travers ses représentants, l'unité de ces derniers donnant seulement une unité aux représentés, comme disait encore Hobbes ? La bataille philosophie est rude à propos de la notion de peuple.

Il n'est pas possible de définir de façon essentielle et figée le "peuple". En effet, Gérard Bras précise qu'une telle définition "trace des frontières" et que, "sous l'apparence de l'inclusion, elle contribue à exclure". Le concept de peuple sert à "faire une enveloppe, un groupe, en homogénéisant les éléments". Ceux qui n'ont pas la qualité prérequis pour être inclus dans le groupe en sont donc exclus. Afin de ne pas en faire une entité substantielle, Gérard Bras suggère, à la suite d'Etienne Tassin"d'éviter de parler du peuple au singulier et de toujours parler des peuples au pluriel. Il y a toujours une pluralité et ce qui gêne la philosophie politique depuis Platon, c'est qu'on n'arrive jamais à unifier, à homogénéiser le peuple. Il y a toujours des tensions entre différentes manières d'être peuple."

L'omniprésence du terme "populisme"

Le problème posé par le terme "populisme" ne peut pas être contourné parce qu'il est omniprésent aujourd'hui sur la scène politique. Yohan Dubigeon souligne que ce terme est effectivement problématique an tant qu'il garde "toute une ambiguïté qui est totalement volontaire tant que de la part de ses détracteurs que de la part de ceux qui l'utilisent de manière plutôt méliorative". Il explique cette apparition du terme populisme aujourd'hui dans la scène publique "par une rupture d'une forme de bloc historique" qui concerne notamment "la partie gauche de l'échiquier politique".

Pendant très longtemps, précise-t-il, 

"la gauche au sens large, on peut dire la social-démocratie, faisait bloc entre deux grandes questions : la question sociale, c'est-à-dire la question des inégalités, de la répartition des richesses, et ce qu'on pourrait nommer, de manière imparfaite, le champ des questions culturelles ou du progressisme culturel, à savoir les questions de racisme, de genre ou encore d'écologie. Puis, à partir des années 1980, la gauche a commencé à laisser de côté la question sociale pour se concentrer essentiellement sur les questions de progressisme culturel. Cela s'explique par un malaise de la social-démocratie qui se convertit aux théories socio-économiques du néolibéralisme et qui assume de tourner le dos aux classes populaires pour se tourner plutôt vers les classes moyennes, voire les classes aisées. De ce point de vue-là, la gauche laisse un boulevard récupéré par les "populistes" aujourd'hui, mais les "populistes" d'extrême droite comme d'extrême gauche. C'est ce qui permet par exemple au Rassemblement National de se dire les représentants du peuple, des classes populaires, contre les élites."

Avec

  • Gérard Bras Professeur de philosophie en classes préparatoires, ancien directeur de programme au Collège International de Philosophie et Président de l’Université Populaire des Hauts-de-Seine

  • Yohan Dubigeon Politiste spécialiste des enjeux de démocratie radicale et d'éducation populaire et maître de conférence à l'Université Jean Monnet de Saint-Etienne