Artiste Chercheur Indépendant

2018-07-25

Spinoza Dieu est nature

Spinoza et la Qabalah:



Immanence et transcendance

Pour Spinoza, Dieu est immanent et non transcendant. Il est dans toute la nature, dans ce qui est créé, il est éternel et infini comme le monde créé. De tout temps il y a eu l'univers et il y aura toujours l'univers, et cet univers contient le divin: il n'y a donc ni début ni fin.
"L'essence de Dieu est dans la puissance": comme Dieu est Nature, cette expression signifie que l'essence de la Nature ou "substance" se manifeste par son pouvoir illimité, dans l'espace et dans le temps, le pouvoir de créer, de transformer et d'évoluer. Toute chose est la substance, sous l'aspect singulier et concret qui est le sien. Contrairement à la pensée de la Qabalah, il n'y a pas de place pour un dieu personnel et secret.
Le dieu de Spinoza est un peu grec; il est lié à la nature et on ne se pose plus les questions de la création: quand? comment? La réponse est que Dieu est révélé et contenu dans tout ce qui est créé. Quant à pourquoi la création, Spinoza rejoint néanmoins sur ce point précis certains qabalistes: Dieu crée le monde par amour pour lui-même, pour se contempler, étant lui-même ce monde.

L'immanence dans la tradition de la Qabalah est la Divine Présence ou Shékhinah, dont l'attribut est la dixième et dernière séphirah de l'Arbre de Vie, en contact avec l'univers créé. Cette présence au féminin ne se confond pas totalement avec la Nature et ne se limite pas aux lois qui régissent le monde. Elle remplit l'univers créé de la lumière du divin et de son nom, et elle est perçue par ceux qui la cherchent, à travers le monde intermédiaire des anges et des âmes, celui qui se confond avec le monde des lettres hébraïques. La présence de la Shékhinah est plus ou moins forte en fonction du comportement moral du peuple d'Israël. Cette présence est consécutive à la fracture originelle et elle est provisoire: lorsque la "téshouvah" ou "retour/rédemption" aura gagner le coeur de l'humanité, la Shékhinah rejoindra son giron pour retrouver l'unité originelle, dans la transcendance.

Pour Spinoza, la question de la transcendance ne se pose même pas. On ne peut croire que ce que l'on voit et toute croyance en un dieu caché n'est que superstition de l'ignorant ou moyen pour asservir le peuple. Spinoza n'est ni croyant ni religieux, son univers est rationnel et scientifique, objectif et matériel. Dieu n'existe que dans sa connaissance, c'est-à-dire la connais-sance continue et approfondie de l'univers, et celle de soi-même, infime partie de cet univers.
Le "connaître Dieu" rapproche Spinoza des qabalistes, mais uniquement sur ce point. Car toute la dimension d'une recherche de la transcendance par la voie de la rédemption n'existe pas chez lui, puisqu'elle n'est que subjectivité. Ainsi la prière ou la méditation ne seraient que des subterfuges liés à la pauvreté de la pensée ou à la peur de la mort: celle-ci est une fin et non un début. Il n'y a donc pas de monde "à venir" ou de monde intermédiaire, et il faut vivre sa vie pleinement et joyeusement car il n'y a pas d'autre vie, la mort étant la fin du parcours naturel de l'homme. Seule sa pensée lui survit, et c'est dans la pensée que l'homme est éternel puisque la pensée ou l'esprit est l'âme. En perfectionnant cette pensée à l'extrême par la voie de la raison, on contribue à la communion avec Dieu et on atteint la "béatitude" terrestre.

La raison et les sentiments
Pour poursuivre la comparaison avec la tradition de la Qabalah, celle-ci enseigne aussi qu'il faut jouir pleinement et le plus joyeusement possible de la vie matérielle car la vie future est d'un autre ordre, d'une autre forme. Par contre la Qabalah ne ferme pas la voie et plutôt encourage le retour vers un monde intangible et non perceptible aux sens du commun des mortels. Par contre, dans cette recherche du divin, la Tradition n'encourage pas la communion avec Dieu. Bien au contraire, une distance doit être établie entre l'homme et le divin, résultant d'un équilibre entre l'amour et la crainte de ce divin, contrairement à la pensée de Spinoza qui engage l'homme à adhérer totalement à la nature-Dieu.

Le monde de l'imaginaire et du rêve est étranger à Spinoza, car il est antinomique au monde de la raison. Celui-ci estime, de plus, que les institutions politiques pourraient s'en emparer et l'exploiter pour mieux asseoir leur autorité, quand ce n'est pas pour asservir les plus crédules.
L'univers de Spinoza est mathématique, mais limité aux connaissances acquises et prouvées; il n'y a aucune extrapolation hasardeuse vers un au-delà; il n'y a pas de hasard! On a appelé Spinoza, l'athée de "système".
L'homme est déterminé; s'il croit être libre, c'est qu'il ne sait pas, parce qu'il est ignorant. L'homme obtient sa liberté à travers le perfectionnement de sa connaissance de Dieu: cette connaissance est amour, mais cet amour est purement intellectuel.
Quant aux sentiments, ils découlent tous de la triade "désir, joie et tristesse". Le désir est l'essence de l'homme qui le pousse à se réaliser en acte et à être lui-même. Quand la puissance d'agir de son corps et de son esprit augmente, il est joyeux; inversement quand cette puissance diminue, il est triste.

L'homme, comme la nature, agit par nécessité, sans fin; par ignorance, l'homme a l'illusion d'une fin. Le "bien" est ce qui est prouvé utile par la raison et hors de toute passion, le "mal" est ce qui nous empêche d'accéder à ce "bien". L'homme joyeux met en oeuvre toutes ses facultés rationnelles et toutes les forces de son esprit et de son corps pour atteindre et communier avec Dieu-Nature et il écarte de son chemin toutes les embûches intérieures et extérieures qui caractérisent le mal et qui l'empêchent d'atteindre son objectif. L'homme triste est privé de Dieu parce qu'il pense "mal" et ne mobilise pas son potentiel utile dans cette recherche de la connaissance intellectuelle du divin.
Ainsi on peut trouver le bonheur en recherchant ce qui est utile, sous la conduite de la raison, en accroissant la puissance de l'esprit. Prendre conscience de l'union intime de notre esprit à Dieu, qui est la Pensée par excellence, c'est se connaître soi-même comme pensée de Dieu et participer à sa nature. Comprendre Dieu est le salut: comprendre ses attributs, ses actions, ses oeuvres, comprendre les choses singulières, non plus par des lois abstraites, mais par la vision des choses elles-mêmes.
Selon la Tradition, comprendre Dieu ou l'autre, c'est les aimer non seulement par l'esprit mais aussi par le coeur, même si on s'engouffre alors dans les errements de la raison et qu'on offense la pensée de Spinoza. Rappelons ici que dans la biographie de Spinoza, il n'y a pas de femmes, pas d'amies, ni de maîtresses, ni de conjointes: il n'y a que les trois femmes du père, dont la mère de Baroukh. Et il n'y a pas d'enfants...
Au delà des notions de divin et de bonheur, il existe une différence majeure entre la pensée de Spinoza et celle de la Tradition de la Qabalah: le sens du temps.

Le sens du temps
Chez Spinoza le temps est celui de la Nature, éternel; il n'intervient pas dans la recherche de Dieu. Le temps comme la mort n'ont qu'une réalité subjective, apparente: la pensée "vraie" les dénonce en les démystifiant. Le monde "vrai" est sans origine et sans fin. La "vérité" est éternelle et le sens absolu est dans la pensée de Dieu. L'individu meurt, sa pensée vit: elle participe à la pensée du tout, de Dieu. "Soi" est en Dieu, à travers la conscience universelle du monde. La vertu c'est de comprendre et, comprendre, c'est vivre dans l'éternité.

Dans la tradition de la Qabalah, le temps est le facteur principal, au point que tout est mis en oeuvre pour le créer et, par cette création, on se rapproche du divin. La mort comme la naissance ne sont que des fractures qu'on répare dans le parcours de la vie, grâce au temps qu'on crée.



La religion
Pour répondre aux besoins psychiques d'irrationnel de la "multitude" faible et ignorante, toute religion historique se fonde sur le culte, la prière et sur la révélation. Autoaliénée de ce fait, et subissant la flatterie et la démagogie des dirigeants religieux, cette multitude est prête à se soumettre jusqu'au sacrifice. Elitiste mais généreux, Spinoza propose alors un programme pour faire parvenir progressivement le peuple à une "semi-rationalité".
Dans une première étape, il faut bannir les religions historiques et les remplacer par la "RPU", la religion populaire et universelle, religion de la raison mais dépouillée de la complexité de la doctrine: le peuple n'a pas besoin de comprendre l'intégralité des processus logiques qui mènent à la vérité de la raison universelle. Il suffit qu'il obéisse à ce qui lui est présenté comme raisonnable par un Etat laïque et éclairé. Il pourra alors atteindre cette "semi-rationalité", sous la double autorité de la raison et de la...Bible révélée, à condition que le message biblique soit réinterprété et que son contenu soit objectivé comme une science. En effet, il est trop tôt ou imprudent de dépouiller le peuple d'une "drogue" encore nécessaire; mais Spinoza choisit la Bible juive, plus facile à rationaliser.
Dans une deuxième étape, pour émanciper le peuple, l'Etat doit procéder à sa formation; il doit définir et inculquer les normes de cette "semi rationalité": l'école laïque se substitue à l'école des prêtres et des rabbins. Dans l'attente et l'espoir d'un état général de "la rationalité universelle", qui le rendrait alors inutile, l'Etat seul est détenteur de la vérité normée, à laquelle le peuple doit obéir pour parvenir à la raison, par la répétition et l'habitude.
Pour diffuser ce programme, les intermédiaires les mieux placés sont constitués de l'élite conquise à la doctrine de la raison: ils doivent utiliser un langage du type mathématique et mettre en oeuvre une pensée à base de déductions logiques; leur attitude doit néanmoins être prudente et ils doivent dissimuler habilement leurs objectifs. Ils doivent parvenir à leurs fins par la persuasion tout en utilisant la méthode polémique, en faisant ressortir par exemple les contradictions objectives et flagrantes de la Bible, pour en saper les bases.
Echafaudé il y a plus de trois siècles et demi, ce programme utopique mais habile peut encore plaire, les idées de Spinoza revenant à la mode dans cette fin de millénaire, où l'élite laïque ou athée est en plein désarroi devant un vide d'idées et d'idéaux. Mais ce programme comporte les dangers d'un despotisme de la raison, d'un comportement "politiquement correct", d'un conformisme, voire d'un fascisme scientifique.

Messianisme et retour
Pourtant, comme celle de la Qabalah, la pensée de Spinoza est teintée d'un certain messianisme. Mais contrairement au messianisme qabalistique ou h'assidique qui laisse à chacun, du plus humble et du plus ignorant au plus intelligent et au plus lettré, la possibilité de choisir la voie personnelle du Retour ou de la rédemption, d'y cheminer avec ses propres moyens et de contribuer à la connaissance universelle du divin, Spinoza propose le salut à l'élite des "happy few" capables d'atteindre la connaissance du "troisième type". Rappelons que la connaissance du premier type est celle de la superstition du plus grand nombre. Celle du deuxième type est la raison. Le troisième type de connaissance est l'"essence formelle de certains attributs divins menant à la connaissance de l'essence des choses", soit en termes clairs, l'intuition géniale fondée sur une longue recherche rationnelle et un travail approfondi préalables: c'est la méthode de la découverte scientifique. En découvrant les lois immuables de la Nature, on découvre Dieu.
La Qabalah propose également des voies de recherche basées sur la concentration et sur la contemplation qui doivent conduire à une intuition prophétique. Mais contrairement à Spinoza, elle n'a pas écarté d'emblée la part d'irrationnel dans l'homme, qu'elle considère tel qu'il est, englué ou non dans le monde matériel, et elle lui propose diverses voies de transcendance du divin.

Génial et précoce, Spinoza lisait le Talmud dans le texte à treize ans. On peut émettre l'hypothèse qu'il s'est intéressé aussi à la Qabalah, si florissante en Europe depuis le Moyen Age, ne serait ce que par simple curiosité. Mais cela ne peut être qu'une simple hypothèse car on ne lui connaît aucun maître qabaliste. Peut-être a-t-il été initié dans le secret de ses lectures? Toujours est-il que nous avons la conviction que pour échafauder sa doctrine éthique, eschatologique et politique, Spinoza a subi aussi bien l'influence du cartésianisme et du rationalisme naissants que celle de l'ésotérisme juif, si propice à un marrane ou à un ex-marrane.
Comme la Qabalah, Spinoza dérange: la raison et la logique poussées à l'extrême dans un système philosophique d'une grande cohérence ont aussi bien effrayé les religions établies qu'inspiré, fasciné ou interpellé tous les philosophes depuis cette époque: Spinoza a été plus haï qu'aimé. Il a été exclus par sa communauté, il a été considéré comme hérétique et dangereux par les catholiques et par les protestants, il a été dénigré par les philosophes. Il a échappé à un attentat. Spinoza dérange, non seulement parce qu'il propose une discipline dans la pensée, mais comme la Qabalah, il propose un cheminement non conventionnel vers la Vérité, une possibilité de se dépasser.

Devant les excès dogmatiques des religions établies et organisées et leurs conséquences connues de rejets, d'expulsions, de massacres et autres autodafés, s'appuyant sur des prémices prometteuses de délivrance de l'homme et de son angoisse par la raison, Spinoza a mis les voiles et chargé la barque d'un seul côté, croyant détenir la seule Vérité: il a négligé la Voie du Milieu qu'il a certainement entrevu dans ses probables lectures du Zohar ou lors de son polissage patient et précis des lentilles optiques. Mais la tuberculose et la mort précoce ont eu raison de sa maturité et il a sans doute laissé la tâche de redresser la barre de ses doctrines, aux générations futures (*).

Immanence et transcendance ne sont-elles pas les deux mamelles d'une même raison universelle?

(*) Spinoza a vécu 43 ans, au milieu du 17 ème siècle, presqu' en même temps que Shabetay Zvi, le faux Messie, et il a dû être sensibilisé par cette farce métaphysique. Il est né à l'aube de l'ère scientifique et on commençait alors à découvrir le nouveau monde et le sens de la raison. Il lui fallait bannir toute irrationalité et toute imagination, représentées alors par la religion et la superstition. C'est seulement depuis moins d'un demi siècle que l'on sait que le cerveau de l'homme a une zone qui commande l'irrationnel, qui est alors une nécessité physique qu'on ne peut occulter sans dommage. De même les dernières doctrines sur la constitution de l'univers laissent une place considérable aux phénomènes incontrôlables.

Albert SOUED - septembre 1994


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2018-07-07

Le problème Spinoza - Irvin D. Yalom - Babelio




ISBN : 2253236799 

Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (02/05/2018)



Note moyenne : 4.2/5 (sur 484 notes)


Résumé :
Le 10 mai 1940, les troupes nazies d’Hitler envahissent les Pays-Bas. Dès février 1941, à la tête du corps expéditionnaire chargé du pillage, le Reichsleiter Rosenberg se rue à Amsterdam et confisque la bibliothèque de Spinoza conservée dans la maison de Rijnsburg. 


Quelle fascination Spinoza peut-il exercer, trois siècles plus tard, sur l’idéologue nazi Rosenberg ? L’œuvre du philosophe juif met-elle en péril ses convictions antisémites ? Qui était donc cet homme excommunié en 1656 par la communauté juive d’Amsterdam et banni de sa propre famille ? 



Le Dr Yalom aurait-il pu psychanalyser Spinoza ? ou Rosenberg ? Le cours de l’histoire en aurait-il été changé ? Dans la lignée de son bestseller Et Nietzsche a pleuré, ce nouveau roman d’Irvin Yalom, à la fois incisif et palpitant, nous tient en haleine face à ce qui fut de tout temps Le Problème Spinoza.






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2018-06-29

Mésopotamie | Belin Editeur

Mésopotamie | Belin Editeur:



DE GILGAMESH À ARTABAN (3000 AV.–120 AV. J.-C.)

Auteurs :Francis Joannès, Bertrand LAFONT, Philippe CLANCIER, Aline TENU

Editeur :Belin

COLLECTION :Mondes anciens





La Mésopotamie au coeur de notre histoire
Entre désert aride et riches vallées fluviales, se sont développés des civilisations brillantes et ouvertes. Au tout début du IIIemillénaire avant notre ère, les Sumériens y ont inventé l'écriture cunéiforme, l'agriculture céréalière irriguée, la civilisation urbaine autour de vastes palais ainsi que les premières formes de l'État. Par la suite, alors que les caravanes des marchands allant de l'Anatolie jusqu'à la vallée de l'Indus dessinent les routes commerciales et transportent métaux et produits précieux, les rois font mettre par écrit la législation, établir les règles de la comptabilité publique et de la diplomatie... Au tournant du Ier millénaire, la Mésopotamie est le centre de gravité de grands empires : assyrien, babylonien, puis perse achéménide. Leurs capitales ont laissé des vestiges impressionnants et l'activité de leurs scribes nous a transmis l'essentiel de leur tradition écrite, associant les Annales royales assyriennes, l'Épopée de Gilgamesh ou l'astrologie mésopotamienne…

Depuis la redécouverte, au milieu du XIXe siècle, des restes architecturaux de cette civilisation et le déchiffrement de milliers de textes cunéiformes, les historiens ont pu reconstituer l'essentiel des événements qui ont scandé 3 000 ans de l'histoire du Proche-Orient mésopotamien. Cet ouvrage a pour ambition de présenter, sur la longue durée, une vision des lieux et des acteurs de cette histoire, de mettre en évidence l'inventivité de leurs réalisations et l'importance de l'héritage matériel et culturel qu'ils nous ont laissé.


  • 1040 Pages
  •  
  • ISBN : 978-2-7011-6490-8
  •  
auteurs


Bertrand LAFONT, directeur de recherche au CNRS, est assyriologue et sumérologue, spécialiste des périodes de la haute histoire du Proche-Orient ancien (IIIe et IIe millénaires av. notre ère). De 2003 à 2008, il a occupé à Damas et Beyrouth les fonctions de directeur scientifique du département d’archéologie et d’histoire ancienne de l’Institut français du Proche-Orient.
Aline TENU est chargée de recherche en histoire et archéologie de l'Orient cunéiforme.
Francis JOANNES, Professeur d'Histoire ancienne à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, auteur notamment de La Mésopotamie au premier millénaire av. J.-C., (2000) ; Les premières civilisations du Proche-Orient (3000-1500) (Belin 2006) ; (dir.) Dictionnaire de la Civilisation Mésopotamienne (2001).
Philippe CLANCIER est maître de conférences à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
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2017-11-06

Synchronicité : Le rapport entre physique et psyché de Pauli et Jung à Chopra - Babelio

Synchronicité : Le rapport entre physique et psyché de Pauli et Jung à Chopra - Babelio:


Massimo Teodorani
ISBN : 8862291930 
Éditeur : MACRO EDITIONS 

De mystérieux événements synchrones semblent parsemer nos vies. Tandis qu’une pensée affleure, un fait, qui renferme toujours un sens profond dont le but est de conduire nos vies vers leur destin, se produit à l’improviste, dans un synchronisme parfait.







L’objectif de ce livre est de démontrer que le phénomène de la « synchronicité » est depuis longtemps étudié, en particulier par les physiciens quantiques.Ces recherches plongent leurs racines dans l'alliance durable et harmonieuse entre le grand psychologue analytique Carl Gustav Jung et le physicien quantique Wolfgang Pauli.

wikipedia extrait
Pauli consulte Carl Gustav Jung en 1931, pour des rêves récurrents ainsi que pour une tendance à l'alcoolisme. Une amitié s'ensuivit entre les deux hommes, qui correspondirent et coécrivirent l'ouvrage The Interpretation of Nature and the Psyche en 1952, aux côtés des physiciens Markus Fierz et Pascual Jordan notamment. Pauli et Jung souhaitaient explorer, quoique différemment, les ponts entre la physique fondamentale et la psychologie. Ils parvinrent alors à cette déclaration commune :
« La psyché et la matière sont régies par des principes communs, neutres, qui ne sont pas, en soi, identifiables10. »
 Dans leur ouvrage commun, Synchronicité comme principe de connexions a-causales (1952), ils schématisent les quatre lois fondamentales de l'unus mundus (monde un) sous une forme quaternaire ; la synchronicité est ce qui manque pour aboutir à une compréhension unitaire de la psyché et de la physis. Sur proposition de Pauli, la figure est bâtie de telle manière que les postulats de la psychologie analytique et ceux de la physique se trouvent satisfaits.



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2017-08-09

Tesla : L'éclair du génie - Massimo Teodorani

Tesla : L'éclair du génie - Massimo Teodorani - Babelio:



ISBN : 8862292473 

Éditeur : MACRO EDITIONS 


Tout sur sa vie, sa formation, ses inventions et ses penchants, son intelligente sensibilité... L'histoire de la science n'a pas toujours rendu l'hommage qu'ils méritaient à ses acteurs principaux. Au contraire, elle a souvent fait la part belle à des imposteurs, des opportunistes dénués de scrupules ou à de véritables plagiaires. 




Nikola Tesla a été l'un des plus grands inventeurs que le monde ait jamais connus. Nous lui devons l'énergie électrique - le courant alternatif en particulier - que nous utilisons tous les jours, mais aussi d'autres découvertes très nombreuses comme les ampoules fluorescentes (néon), la radio, la télévision, le radar, la turbine, les robots, les appareils électro-thérapeutiques, autant d'innovations qui ont trop souvent été attribuées aux stars des livres scolaires : Edison pour l'énergie électrique, Marconi pour la radio...

Nombre de personnes connaissent vaguement ou ont entendu parler de sa carrière, pluridisciplinaire mais contrariée, et sa mémoire est aujourd'hui encore occultée, comme celle de tous les génies incompris.


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2017-07-18

La guerre des intelligences | Laurent Alexandre

La guerre des intelligences | JC Lattès, Le Masque:

EAN : 
9782709660846
Parution : 
04/10/2017
250 pagesextrait 

En 2017, l’IA est toujours totalement inintelligente

Schématiquement, il y a quatre âges de l’IA. La première phase, de 1960 à 2010, repose sur des programmes traditionnels, avec des algorithmes qui se programment manuellement. Cela rend de grands services pour gérer des problèmes simples, comme l’optimisation de la trésorerie d’une entreprise.



La phase deux, commencée vers 2012, correspond à l’ère du deep learning, avec les premiers programmes dépassant l’Homme, par exemple en reconnaissance visuelle. Le deep learning permet à un programme d’apprendre à se représenter le monde grâce à un réseau de « neurones virtuels » effectuant chacun des calculs élémentaires. Ce ne sont pas des programmes informatiques banals : le deep learning s’éduque plus qu’il ne se programme, ce qui donne un immense pouvoir aux détenteurs de bases de données, au premier rang desquels les géants du numérique GAFA américains et BATX chinois. De plus en plus de tâches sont mieux effectuées par le deep learning que par nous, mais cette IA ne peut réaliser que des tâches bien spécifiées. Le spécialiste Andrew Ng explique que si l’on pense à l’IA à court terme, il ne faut pas imaginer une conscience artificielle mais plutôt un automatisme dopé aux stéroïdes.

L’IA de deuxième génération va rapidement concurrencer les radiologues, mais paradoxalement ne peut lutter contre un médecin généraliste. Pour égaler l’omnipraticien, il faudrait une IA contextuelle capable de mémoire et de transversalité. Cette troisième génération d’IA qui émerge à peine ne serait disponible que vers 2030.

Le quatrième âge de l’IA sera l’apparition d’une conscience artificielle. Une telle IA, dite forte, serait capable de produire un comportement intelligent, d’éprouver une réelle conscience de soi, des sentiments, et une compréhension de ses propres raisonnements.

Le philosophe de l’Intelligence Artificielle Jean-Gabriel Ganascia a parfaitement expliqué dans Le Mythe de la singularité qu’un scénario à la Matrix n’est pas pour demain. Nous sommes pour l’instant au milieu de la phase 2 de l’IA et la phase 3 est encore loin, alors même que les techno-prophètes veulent faire croire qu’une IA de phase 4 dotée de conscience artificielle est au coin de la rue. L’encadrement d’une IA de type 4 poserait d’immenses problèmes mais la date de son émergence fait l’objet de querelles incessantes voire de chamailleries peu rationnelles entre spécialistes.


Laurent Alexandre, né le  à Paris, est un chirurgien-urologue français, auteur et chef d'entreprise.
S'intéressant au mouvement transhumaniste et aux bouleversements que pourrait connaître l'humanité, conjointement aux progrès de la science dans le domaine de la biotechnologie, il intervient régulièrement dans les médias à ce sujet, par exemple dans la revue We demain1. Il est également chroniqueur au Huffington Post2,au journal Le Monde3,4, et dans le magazine L'Express5,6, où il tient une chronique hebdomadaire, "Demain sera vertigineux".

Compagnon de route de l'homme politique libéral Alain Madelin, il est aussi le fondateur du site web Doctissimo.


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2017-02-23

Naissance de l'inégalité l'invention de la hiérarchie- CNRS Editions



Naissance de l'inégalité - CNRS Editions:


Naissance de l'inégalité,l'invention de la hiérarchie

Brian HAYDEN

Série « Le passé recomposé » dirigée par Sophie A. de Beaune
« L’homme est né libre, et partout il est dans les fers », disait Rousseau. De fait, archéologues et ethnographes ont montré que, durant les deux premiers millions d’années de son existence, le genre humain a vécu dans de petites sociétés égalitaires.





Quand et pourquoi les sociétés que nous connaissons aujourd’hui, avec propriété, hiérarchie et classes sociales, se sont-elles développées ? Brian Hayden discute des différentes théories en vigueur et livre un nouveau regard sur ces questions. Les premières sociétés hiérarchisées seraient apparues en Europe au cours du Paléolithique supérieur, comparables aux sociétés des Indiens de l’Intérieur nord-ouest américain, où une aristocratie héréditaire riche des jades, perles, et de quelques esclaves, s’illustrait naguère dans les festins et sociétés secrètes.
 Ou comment la prospérité, plutôt que la pauvreté, a donné naissance à l’inégalité…

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2016-12-17

Serbie : Mythologie balkaniques - Gaëlle Pério

Serbie : Mythologie balkaniques - Gaëlle Pério - Babelio:





ISBN : 2875230778 

Éditeur : NEVICATA (12/10/2015
)

Résumé :Que reste-il de l'ex-Yougoslavie ? De tous les peuples de l'ancienne république disloquée par la guerre, les Serbes sont sans doute ceux qui se posent le plus cette question. 



Sans parvenir à y répondre, tant l'histoire semble, après la mort du Maréchal Tito, leur avoir échappé.

La Serbie est un pays, sans aucun doute. Mais quel pays ! Un territoire enclavé, que ses frontières mal cicatrisées continuent de faire souffrir. La Serbie, surtout, est un condensé d'émotions contradictoires, porté par des sentiments puissants comme le majestueux Danube qui la traverse de part en part.

Serbie poétique et romantique. Serbie austère et orthodoxe. Serbie frustrée et nationaliste. Serbie désordonnée et si créative. C'est ce pays, soudain seul et isolé après les scissions du Monténégro et du Kosovo, que ces pages veulent vous faire découvrir. Avec en filigrane le goût, la musique, le rythme, les odeurs des Balkans.

Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. Écrit à l'unisson des passions serbes, il vous permettra d'en saisir le vent de folie, pour mieux l'apprécier. Et donc mieux le comprendre.

Un grand récit suivi d’entretiens avec Ivan Colovic (Les Serbes ont le culte des batailles perdues), Vesna Pesic (Nous sommes le dernier wagon du train européen) et Jacques Rupnik (Aujourd'hui, les Serbes s'identifient aux Russes).

2016-11-06

Quatre lectures talmudiques / Emmanuel Levinas

Quatre lectures talmudiques :


Emmanuel Levinas
Quatre lectures talmudiques 

2005
collection de poche Reprise n°10 
192 pages
ISBN : 9782707319074
12.00 € 
* Première publication aux Éditions de Minuit en 1968.


Ces quatre lectures talmudiques (Envers autrui, La Tentation de la tentation, Terre promise et terre permise, Vieux comme le monde), ont été prononcé de 1963 à 1966 aux colloques d’intellectuels juifs organisés par la section française du Congrès juif mondial.

Pratiquement ignoré par la culture occidentale, le Talmud est la transcription orale d’Israël. Il régit la vie quotidienne et rituelle ainsi que la pensée des juifs confessant le judaïsme. Il comporte deux versions parallèles : l’une de Jérusalem, l’autre de Babylone, et les textes se classent sous deux rubriques : Halakhah, qui a trait à la vie rituelle et sociale, et Hagadah qui se présente sous forme d’apologues.

Emmanuel Levinas commente ici des textes sur le pardon, la révélation, la conquête d’un pays et le rapport entre la justice et la moralité privée qui sont extraits de la Hagadah dans la version babylonienne. 
Ce faisant, il cherche à faire surgir du texte un sens caché qui fasse comprendre la multiplicité des indications qui peuvent orienter la conscience morale. Ce ne sont donc pas paroles ou lettres mortes qui sont examinées, mais l’on assiste à une interrogation philosophique, celle d’une recherche concrète du sens tendue vers l’essence du religieux et de l’éthique ; celle-là même qui fait d’Emmanuel Levinas l’un des interlocuteurs les plus avertis dans le débat qui a lieu autour du judaïsme.

 En se tenant à l’écart de la compétition qui semble animer certains mouvements philosophiques, l’œuvre de Levinas s’organise au-delà du discours. Elle est pensée avant toute chose, ouverte à l’expérience des autres, ou plutôt de l’autre.

‑‑‑‑‑ Table des matières ‑‑‑‑‑

Introduction 
Première leçon : Envers autrui 
Deuxième leçon : La tentation de la tentation 
Troisième leçon : Terre promise et terre permise 
Quatrième leçon : Vieux comme le monde ?

Emmanuel Levinas, né le  à Kaunas et mort le  à Paris, est un philosophed'origine lituaniennenaturalisé français en 1930. Il a reçu dès son enfance une éducation juive traditionnelle, principalement axée sur la Torah. Plus tard, il a été introduit au Talmud par l'énigmatique « Monsieur Chouchani ». La Torah enseignée par Levinas est dérivée des leçons de Monsieur Chouchani.
La philosophie de Levinas est centrée sur la question éthique et métaphysique d'autrui, caractérisé comme l'infini impossible à totaliser, puis comme l'au-delà de l'être, à l'instar du Bien platonicien, ou de l'idée cartésienned'infini que la pensée ne peut contenir1. Levinas étend ses recherches à la philosophie de l'histoire et à la phénoménologie de l'amour. Il est également l'un des premiers à introduire en France la pensée de Husserl et celle de Heidegger.