SOURCE https://www.cersp.eu/democratie/le-peuple
SOURCE https://www.cersp.eu/democratie/le-peuple
C'est ainsi que s'institutionnalisent les règles morales, éthiques, les préjugés, les jugements de valeur et les lois qui régissent le comportement des individus d'une société à une certaine époque.
Il est certain que ce ne sont pas les dominés qui vont imposer leurs lois aux dominants. La "culture" d'une époque représente donc bien les règles auxquelles un individu doit se soumettre à cette époque pour s'élever dans les hiérarchies et atteindre la dominance.
Sans cette dominance, il ne peut espérer de récompense, il ne peut espérer se faire plaisir, atteindre au « bien-être » biologique. Il ne s'agit donc plus d'assurer ses besoins fondamentaux que les sociétés dites évoluées assurent tant bien que mal à la majorité des individus à l'époque moderne, mais d'assurer sa "liberté d'action" qui est fonction de sa puissance au sein du groupe auquel il appartient.
Quand on nous parle du « plein épanouissement » de l'homme, a-t-on songé que cette utopie est irréalisable dans le cadre d'une hiérarchie quelle qu'elle soit?
D'où l'explosion au sein de nos sociétés hautement hiérarchisées des maladies dites "psychosomatiques " qui ne sont que l'expression somatique de conflits au sein du système nerveux central entre pulsions instinctuelles et interdits socioculturels, conflits qui ne peuvent se résoudre dans une action efficace, assouvissante », sur le milieu, du fait de l'institutionnalisation par les dominants des règles de la dominance?
Ce sont ces règles qui nous semblent être le facteur fondamental de l'apparition des sociétés industrielles et du mythe de la croissance, comme nous allons tenter de le montrer.
Aussi longtemps que la dominance s'est établie sur des critères tels que la force physique, ou que la sélection des chefs s'est réalisée sur certaines qualités guerrieres, à des époques où le groupe social nécessitait, pour survivre à l'activité prédatrice d'autres groupes sociaux, un leader dans la personnalité duquel chacun pouvait s'identifier, la croissance avait peu de raisons de devenir galopante. Mais ce système hiérarchique de la dominance et de ses privilèges se révéla insuffisant lorsque le développement du commerce concentra les richesses entre les mains de ce que l'on peut appeler la bourgeoisie, c'est-à-dire d'une classe ne possédant point les attributs de la classe aristocratique précédente, mais possédant une puissance devenue plus grande, celle du capital et de la propriété privée des moyens de production. Il devenait insupporta-ble, « déplaisant », à cette classe nouvelle de rester "soumise" à la dominance d'une classe qui ne paraissait plus indispensable à l'équilibre social.
La révolution française constitue à n'en pas douter l'expression de l'agressivité de cette classe soumise à une dominance devenue insupportable, parce qu'inutile. Dominance devenue insupportable aussi parce qu'elle limitait l'action gratifiante de ceux qui n'y accédaient pas. Nous savons que l'agressivité est un des moyens les plus primitifs de résoudre l'impossibilité d'agir résultant du conflit entre pulsions de dominance et interdits sociocultu-rels.
Les immortels principes de 1789, les droits de l'homme et du citoyen institutionnalisèrent les règles de la nouvelle dominance, les règles nécessaires à respecter pour devenir bourgeois. Tout petit Français, peut, nous dit-on, espérer un jour devenir président de la Républi-que. Mais on oublie d'ajouter: s'il respecte les règles du jeu, les jugements de valeur institutionnalisés par la bourgeoisie, en particulier la propriété privée, dont celle des moyens de production. Dès lors, toutes les hiérarchies, bureaucratiques, militaires, académiques, professorales bu autres, n'existent qu'en fonction de la hiérarchie
centrale, celle de l'argent. C'est lui qui donne la plus grande puissance et avant tout la seule puissance transmissible héréditairement par héritage.
Bien sûr, les automatismes socioculturels de la bourgeoisie, les signes de recon-naissance innombrables qui constituent la « bonne éducation » se transmettent plus facilement dès la naissance à celui qui naît en milieu bourgeois.
Mais ces signes peuvent s'apprendre, même lorsqu'on vient d'un autre milieu. La seule chose qui puisse se transmettre directement et permettre sans effort la domination par héritage, c'est la propriété.
Dès lors tout l'édifice social se soumet à elle. Toutes les hiérarchies s'inclinent devant celle-là, dont elles ne sont plus que les instruments. Or, dans un tel système pour accroître ses richesses, done pour protéger sa puissance et sa domination, il faut vendre. Il faut s'approprier le travail des dominés, et grâce à la plus-value, accroître ce capital qui assure la dominance.
Or, pour accroître ce capital il faut que les dominés produisent des richesses et que ces richesses soient consommables ». En effet, les dominants par le capital ne sont pas assez nombreux aujourd'hui pour consommer suffisamment de richesses à eux seuls, il est nécessaire que l'ensemble de la population consomme, de façon que le profit augmente et en fonction du profit, la puissance.
C'est là selon nous que s'articule enfin le fond du problème de la croissance. On voit en effet comment progressivement, de la notion instinctuelle de satisfaction biologique qui en milieu social exige la dominance pour se réaliser, on passe de l'individu à la classe sociale, institutionnalisant les règles de la dominance et des hiérarchies. On voit comment à partir du moment où la dominance exige la possession d'un capital, celui-ci ne peut s'obtenir que par l'accaparement de la plus-value, mais que son accroissement nécessite une production
croissante de biens consommables et la participation à la consommation croissante des producteurs eux-mêmes. Comment dans ces conditions on focalise les désirs des dominés, des masses, sur la satisfaction par les biens et la propriété des objets, comme l'on tente d'apaiser leur agressivité (agressivité qui résulte de l'absence totale de pouvoir) par les hochets que sont les biens consommables.
Nous sommes ainsi parvenus au type des sociétés contemporaines qui ayant complètement et lentement occulté leurs motivations initiales, à savoir la recherche du plaisir individuel par la dominance, se sont aliénées entièrement au moyen utilisé pour l'obtenir, à savoir la production pour la production au point de la considérer comme une finalité en soi et la seule façon de satisfaire aux besoins.
Mais le seul besoin essentiel et qui, lui, n'est pas satisfait de façon générale, ce n'est pas la consommation, mais le pouvoir, car seul le pouvoir permet la satisfaction des besoins, sans cesse accrus, par la connaissance que diffuse la publicité des moyens de les satisfaire.
Extrait Page 106 -110 la nouvelle grille Henri Laborit Folio essais
Une analyse multiniveau ancrée dans les sciences humaines
L'hypocrisie politique, définie comme le décalage entre les principes affichés et les pratiques réelles, constitue un phénomène central dans la crise de légitimité des démocraties occidentales. En France, cette hypocrisie institutionnalisée fragmente le tissu social à tous les niveaux.
Cette analyse explore les manifestations et conséquences de l'hypocrisie politique à travers quatre dimensions interconnectées : politique, économique, sociale et privée, tout en examinant le rôle amplificateur des médias et réseaux sociaux.
Taux d'abstention record (jusqu'à 53% aux législatives 2022), effondrement de l'adhésion partisane et syndicale.
Progression des votes protestataires (RN : 89 députés en 2024) et de la gauche radicale comme réponse à la crise de représentation.
Repli identitaire (40% des 18-24 ans jugent la religion plus importante que la citoyenneté - IFOP 2023) et effritement des solidarités.
Hausse des dépressions liées au "sentiment d'impuissance" (+18% en 5 ans - Santé Publique France) et dissonance cognitive généralisée.
Désengagement civique → Affaiblit le contrôle des abus économiques
Cynisme consumériste → Accroît les inégalités sociales
Repli communautaire → Fragmente la sphère privée
Dissonance cognitive → Mine la légitimité politique
L'hypocrisie politique en France apparaît comme un virus institutionnel qui corrode les comportements démocratiques à tous les niveaux. Sa manifestation la plus toxique réside dans la conversion de la souveraineté populaire en simple outil de légitimation des choix élitaires.
Plutôt que des solutions utopiques, cette crise exige :
Découvrez le contexte authentique et la suite essentieuse de la célèbre déclaration socratique
« Je sais que je ne sais rien » est sans doute la citation philosophique la plus connue au monde, attribuée à Socrate. Pourtant, cette phrase est presque toujours citée de manière tronquée, privant le public de sa signification profonde et de sa portée philosophique réelle.
Le paradoxe : Socrate n'a jamais écrit « Je sais que je ne sais rien » tel quel. Cette formulation est une synthèse de ses propos rapportés par Platon dans l'Apologie de Socrate.
Socrate face au tribunal d'Athènes - Illustration historique
En 399 avant J.-C., Socrate, alors âgé de 70 ans, est accusé de « ne pas reconnaître les dieux que reconnaît la cité, d'introduire de nouvelles divinités et de corrompre la jeunesse ». Le philosophe doit se défendre devant un tribunal de 501 citoyens athéniens.
L'enjeu du procès : Il ne s'agit pas simplement d'un procès religieux, mais d'un conflit entre la tradition et la philosophie naissante. La condamnation à mort de Socrate marquera un tournant dans l'histoire de la pensée occidentale.
Voici le passage essentiel de l'Apologie de Socrate où Platon rapporte les paroles de son maître expliquant sa démarche philosophique :
« [...] Un jour, donc, Chéréphon se rendit à Delphes, et il osa consulter l'oracle pour savoir s'il existait un homme plus sage que moi. La Pythie lui répondit qu'il n'y en avait pas.
Lorsque j'appris la réponse, je me dis en moi-même : "Que veut donc dire le dieu ? Quel sens caché renferment ses paroles ? Car je n'ai conscience d'être sage ni peu ni beaucoup. Que signifie donc cette déclaration qu'il n'existe personne de plus sage que moi ? Il ne ment certainement pas, cela ne lui est pas permis."
Pendant longtemps, je demeurai dans l'incertitude sur le sens de l'oracle. Enfin, bien à contre-cœur, je me mis en quête de l'expliquer de la façon suivante.
Je me rendis chez un de ceux qui passent pour sages, certain qu'en tout cas, si c'était possible, je le convaincrais d'erreur et pourrais dire à l'oracle : "Voilà un homme plus sage que moi, et pourtant tu as dit que j'étais le plus sage."
En examinant cet homme — je n'ai pas besoin de le nommer, c'était un homme politique — il me sembla qu'aux yeux de beaucoup de gens, et surtout aux siens propres, il paraissait sage, mais qu'en réalité il ne l'était pas. Je m'efforçai alors de lui démontrer qu'il n'était pas sage, bien qu'il le crût. De là, je m'attirai sa haine, ainsi que celle de plusieurs assistants.
En m'éloignant, je raisonnai ainsi en moi-même : "Je suis plus sage que cet homme. Il se peut que ni lui ni moi ne sachions rien de vraiment beau et de vraiment bon ; mais lui, il croit savoir quelque chose, alors qu'il ne sait rien ; tandis que moi, si je ne sais pas, je ne crois pas non plus savoir. Il me semble donc que je suis un peu plus sage que lui par le fait même que je ne crois pas savoir ce que je ne sais pas."
Je passai ensuite à un autre, à un de ceux qui paraissaient encore plus sages que le premier, et je trouvai la même chose. Là encore, je m'attirai la haine de cet homme et de beaucoup d'autres.
[...] C'est en parcourant ainsi successivement tous ceux qui avaient la réputation de savoir quelque chose, et en faisant ce dont je vous ai parlé, je m'aperçus, à mon déplaisir et à mon effroi, que je me faisais des ennemis en grand nombre.
Cependant, je crus qu'il fallait préférer aux autres considérations l'intérêt du dieu. Pour trouver le vrai sens de l'oracle, il me fallait donc m'adresser à tous ceux qui avaient la réputation de savoir quelque chose.
Et, par le chien ! — car il faut vous parler franchement —, la vérité, à ce qu'il me semble, la voici : ceux qui avaient la plus grande réputation me parurent à peu près les plus dénués de sagesse, tandis que d'autres, qu'on regardait comme inférieurs, se montrèrent des hommes plus sensés.
Il faut vous raconter toutes mes pérégrinations, pareilles aux travaux d'Hercule, et entreprises uniquement pour vérifier l'infaillibilité de l'oracle. Après les hommes politiques, je m'adressai aux poètes, aux auteurs de tragédies et de dithyrambes, et à tous les autres, me flattant de les prendre en flagrant délit d'ignorance, sur leur propre terrain.
Je leur demandai le sens de leurs œuvres les plus travaillées, espérant profiter de leurs lumières. J'ai honte, Athéniens, de vous dire la vérité ; cependant, il faut bien que je la dise. Presque tous les assistants auraient mieux rendu compte de ces poèmes que leurs auteurs mêmes. Je reconnus donc bientôt que ce n'est pas la sagesse qui guide les poètes, mais une sorte d'inspiration naturelle, comme celle des devins et des prophètes, qui disent de belles choses sans les comprendre.
Enfin, je m'adressai aux artisans. Je savais bien que je ne trouverais en eux à peu près rien de bon, et je savais aussi qu'ils possédaient sur leur métier des connaissances précieuses. Je ne fus pas trompé dans mon attente : ils savaient des choses que j'ignorais, et en cela ils étaient plus sages que moi.
Mais, Athéniens, les bons artisans me parurent tomber dans le même défaut que les poètes : parce qu'ils exerçaient leur art avec habileté, chacun d'eux se croyait très capable de parler sur les sujets les plus importants, et cette erreur cachait à leurs yeux leur ignorance réelle.
Je me demandai alors, pour mon compte, si j'aimerais mieux être tel que je suis, sans être ni sage de leur sagesse, ni ignorant de leur ignorance, ou posséder ce qu'ils possèdent et ne pas posséder ce que je ne possède pas. Je me répondis à moi-même et à l'oracle que j'aimais mieux rester tel que j'étais.
C'est cette recherche, Athéniens, qui m'a valu tant d'inimitiés, si amères et si redoutables, d'où sont nées tant de calomnies, et cette réputation de sage qu'on me fait. En effet, les assistants s'imaginent chaque fois que je démontre la sagesse des autres, je la possède moi-même. Mais, Athéniens, le dieu est sans doute vraiment sage, et par cet oracle, il a voulu dire que la sagesse humaine n'est pas grand-chose, ou même qu'elle n'est rien. Et s'il a nommé Socrate, il s'est servi de mon nom pour me prendre comme exemple [...] »
La phrase exacte que Socrate a vraiment prononcée : « Je ne crois pas savoir ce que je ne sais pas » (21d). C'est cette attitude intellectuelle d'humilité critique qui fonde toute la démarche philosophique socratique.
La célèbre phrase ne signifie pas que Socrate « ne sait rien » absolument parlant, mais qu'il a conscience des limites de son savoir. Cette prise de conscience représente en réalité une forme supérieure de sagesse.
« La véritable sagesse est de connaître ses limites »
C'est cette troisième forme d'ignorance que Socrate revendique comme supérieure à la fausse sagesse de ceux qui croient savoir ce qu'ils ignorent.
La véritable portée philosophique de la déclaration socratique réside dans ce qui suit immédiatement la fameuse phrase :
« [...] De là, je m'éloignai, me disant à moi-même : "Je suis plus sage que cet homme. Il se peut que ni lui ni moi ne sachions rien de vraiment beau et de vraiment bon ; mais lui, il croit savoir quelque chose, alors qu'il ne sait rien ; tandis que moi, si je ne sais pas, je ne crois pas non plus savoir. Il me semble donc que je suis un peu plus sage que lui par le fait même que je ne crois pas savoir ce que je ne sais pas."
Je passai ensuite à un autre, à un de ceux qui paraissaient encore plus sages que le premier, et je trouvai la même chose. Là encore, je m'attirai la haine de cet homme et de beaucoup d'autres.
Je continuai mes recherches, comprenant toujours avec douleur et crainte que je me faisais des ennemis, mais croyant devoir préférer à tout les intérêts du dieu. Pour trouver le vrai sens de l'oracle, je devais m'adresser à tous ceux qui avaient la réputation de savoir quelque chose.
Et, par le chien ! — car il faut vous parler franchement —, la vérité, à ce qu'il me semble, la voici : ceux qui avaient la plus grande réputation me parurent à peu près les plus dénués de sagesse, tandis que d'autres, qu'on regardait comme inférieurs, se montrèrent des hommes plus sensés.
L'essentiel oublié : La déclaration « je sais que je ne sais rien » n'est pas une fin en soi, mais le point de départ d'une mission philosophique : examiner les prétendues connaissances des autres et révéler leurs contradictions pour les amener à prendre conscience de leur propre ignorance.
La déclaration socratique a fondé toute une tradition philosophique qui valorise le doute méthodique et la remise en question des certitudes :
« Une vie sans examen ne vaut pas la peine d'être vécue » — Socrate (Apologie, 38a)
Traductions recommandées : Victor Cousin, Léon Robin, Luc Brisson
Une intuition, peindre en "mot" un portrait profond de la condition humaine.
Nous sommes avant tout des narrateurs car nous tissons en permanence des récits où le Savoir et le Croire s'entremêlent pour donner un sens à notre existence, à la fois individuelle et collective.
Le Mythe est la clé de voûte de cet édifice. Il est la forme la plus ancienne et la plus puissante de cette opération.
Il nous rappelle que notre rapport au temps n'est pas une simple équation, mais une œuvre d'art, une poésie existentielle où la frontière entre le réel et l'imaginaire, entre le savoir et la croyance, est ce qui nous permet de vivre et d'avancer...
2026© Pascal Walter – Tous droits réservés
La racine de l'intention est un phénomène complexe et multidimensionnel qui nécessite une approche pluridisciplinaire pour être pleinement compris.
Voici un début d une synthèse des principales approches pour mieux comprendre ce phénomène complexe.
La métaphysique explore des questions fondamentales sur la nature de la volonté, de la conscience, du temps et du sens de l'intention, offrant une perspective plus large et plus profonde.
La psychologie étudie les motivations, désirs et processus cognitifs qui sous-tendent la formation des intentions. Elle explore notamment le rôle des émotions et des motivations inconscientes.
Les neurosciences analysent les bases neuronales et neurochimiques de l'intention, ainsi que les zones cérébrales impliquées dans la prise de décision et la planification.
La sociologie examine comment les normes sociales, les interactions et les différences culturelles influencent les intentions individuelles et collectives.
Les sciences cognitives offrent une approche intégrée combinant psychologie, neurosciences et intelligence artificielle pour comprendre l'émergence des intentions.
L'éthologie étudie les intentions chez les animaux et les mécanismes évolutifs qui sous-tendent leur formation, offrant un éclairage comparatif avec les intentions humaines.
Pascal WALTER
Auteur • Prompt Engineer
© 2025 – Tous droits réservés